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Pour beaucoup Ibiza n’est pas qu’une cité balnéaire où certains ont laissé leur jeunesse et les économies d’une année. La Seat Ibiza a vu le jour en 1984 et reste depuis cette date un modèle phare pour la marque espagnole. La finition 1.0 TGI CNG joue à présent sa carte écologique.

Il ne fait aucun doute que l’Ibiza s’adresse plus particulièrement à une clientèle jeune, que familiale. Ses modestes dimensions, son assise assez basse et ses places arrière n’incitent pas aux déplacements en trop grand nombre. Le modèle essayé nous propose deux sièges à commandes manuelles, un levier de vitesse conventionnel et sa boite à 6 rapports, une commande de frein à main mécanique et seuls l’écran tactile et les assistances de conduite habituelles nous rappellent que nous sommes bien au XXI siècle. Ce qui n’enlève rien à ses lignes tout en finesse et au plaisir que l’on a à s’asseoir derrière le volant. Si vous avez dépassé la cinquantaine, vous retrouverez immédiatement vos sensations d’antan en vous glissant au volant de cette voiture « jeune ». La technologie embarquée est élémentaire et les commandes à l’ancienne, avec souvent un bouton par fonction.

Sous le capot

Si la Seat Ibiza aime à vous replongez dans un passé pas si lointain par ses formes et son appellation, sa motorisation fait appel aux meilleurs systèmes de combustion pour vous faire apprécier la technologie CNG. D’après les études, ce genre de moteur émettrait moins de CO2 et de particules fines qu’un trois cylindres thermiques conventionnel. Pour vous inciter à rouler « plus propre » Seat a volontairement réduit la contenance du réservoir d’essence à 9 litres (100 km). Malheureusement avec ses 14,3 kg de CNG, l’autonomie moyenne n’est que de 370 kilomètres en cumulant les deux énergies. En clair, et c’est que je constaterai tout au long de cette semaine d’essai, il faut impérativement passer par la pompe tous les 350 kilomètres. Si en Flandres et à Bruxelles, vous n’aurez aucun à dégotter une station mixte CNG/tous carburants, en Wallonie, c’est une autre histoire.

L’histoire se complique

Le concept d’achat d’une voiture utilisant du gaz étant de rouler principalement avec cette forme de carburant, la contenance du réservoir d’essence doit être brulée uniquement en cas d’urgence. Avec cette faible autonomie de +/- 250 kilomètres au CNG, vous voilà dans la même situation que les utilisateurs de voitures électriques, décriées par beaucoup (tous). A la différence que pour ces dernières, une recharge peut se faire à votre domicile ou lors de votre temps de travail chez votre employeur, ce qui n’est absolument pas le cas avec du CNG. Dernier point « embêtant », le double remplissage de vos deux réservoirs vous imposent d’insérer votre carte bancaire à deux reprises et déplacer votre véhicule sur l’aire de remplissage pour aller d’une pompe à l’autre.

Combien ça coûte ?

 

Chez Dats, qui tente de développer l’installation de pompes CNG sur l’ensemble de son réseau, au nombre de 75 actuellement, le prix officiel d’un kg de CNG est tarifé entre 0.870 et 1.010€. Avec 135 stations, toutes marques confondues, dispersées principalement au centre et au nord de la Belgique, le CNG est encore loin du succès rencontré en Hollande. L’achat d’une Seat Ibiza 1.0 TSI CNG peut donc s’envisager comme deuxième véhicule, principalement pour une utilisation sur de courtes distances et à proximité d’une station. C’est un peu regrettable au vu des performances de cette voiture, de sa convivialité et du plaisir de conduite délivré par ce véhicule. Heureusement Seat dispose d’une offre d’Ibiza étendue où 5 versions vous sont proposées de 80 à 115 ch, avec du CNG et un réservoir d’essence de 40 litres pour certaines, et des prix qui s’étendent entre 15.100€ et 20.460€.